Neuvième Voix du Jardin pour ce matin d’avril
5 avril 2026
Il est un matin, chaque année, où quelque chose dans l’air change.
On ne sait pas encore pourquoi.
On ouvre les yeux.
La lumière a une autre couleur.
Comme si le monde avait pleuré cette nuit et s’était réveillé différent.
Un oiseau chante.
Non pour être entendu.
Parce qu’il ne peut pas faire autrement.
C’est Pâques.
À l’aube, dans un jardin, une femme marche vers un tombeau.
Elle vient continuer d’aimer celui qu’elle a perdu.
Elle n’a plus rien.
Rien que ce chemin, ces pierres sous ses pieds et ce chagrin qu’elle porte comme on porte quelqu’un qu’on refuse de déposer à terre.
Elle s’attend à retrouver la pierre.
Le silence.
L’ordre terrible des choses.
Mais la pierre a roulé.
Le tombeau est ouvert.
Et il n’y a plus rien où déposer ce qu’elle n’en peut plus de porter.
Alors elle pleure.
Debout.
Dans ce jardin qui continue d’exister sans lui rendre celui qu’elle est venue chercher.
Et c’est là, à l’endroit précis où tout a cédé, qu’une voix prononce son nom.
Juste son nom.
Pas une explication.
Pas une promesse.
Pas un discours.
Comme si ce nom, dans cette bouche, contenait encore tout l’amour qu’elle croyait enseveli.
Dans le Jardin des Mondes, ce matin, les arbres sont en fleurs.
Ils ne savent rien de tout cela.
Après le froid, après les branches nues que l’hiver avait laissées comme mortes, ils s’ouvrent.
Sans bruit.
Sans explication.
La vie revient.
Elle revient toujours.
Et lorsqu’elle revient, elle ne revient jamais seule.
Elle revient vers quelqu’un.
Elle prononce un nom.
Peut-être le vôtre.
Joyeuses Pâques.
Eric Domb


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