Un château néoclassique transformé en aquarium, voilà de quoi surprendre. Mais à Pairi Daiza, tout est possible, car comme disait un célèbre dessinateur : « À force de croire en ses rêves, l’homme en fait une réalité ». Et c’est selon un raisonnement identique que l’imposante vieille bâtisse construite en 1854 par Limbourg, l’architecte à l’origine du château royal de Laeken, a été reconvertie dans sa partie basse en grands réservoirs et bassins d’eau salée où s’observent, circulent et se croisent dans un incessant ballet toutes sortes de créatures marines, de plantes aquatiques et d’autres organismes encore. Un tableau vivant illustrant une fois encore, par la diversité et le nombre, l’incroyable héritage que nous a légué Mère Nature.

C’est une biodiversité fragile, interdépendante et hélas, souvent menacée, voire condamnée par les entreprises humaines et cela depuis trop longtemps.

Avec Cambron-sur-Mer, Pairi Daiza célèbre l’Océan, lui rend hommage et tente de nous sensibiliser aux nombreux défis qui s’imposent ici et maintenant aux habitants de la planète bleue. Gageons que le message est reçu cinq sur cinq par le visiteur, invité à découvrir ces merveilles sous-marines dans une ambiance qui rappelle les romans de Jules Verne et bien d’autres récits aux couleurs de la mer.

Les surprises ne manquent pas. Elles se matérialisent tantôt par la charmante chorégraphie d’un hippocampe, l’irruption soudaine d’un poisson clown, l’inquiétante apparition d’une murène ou la progression d’une tortue de belle taille.

Si les acteurs principaux de cette féérie aquatique sont sans conteste les poissons, il ne faudra pas omettre de signaler quelques invités d’honneur qui, par leur présence, contribuent grandement au succès de ces aquariums géants : l’anémone de mer, la méduse, l’étoile de mer ou le corail… Ce dernier, originaire des mers du Sud, nous amène à évoquer notre lagon et ses fascinants requins. Grâce à l’installation d’un grand aquarium pourvu d’un tunnel transparent, vous les verrez nager au-dessus de votre tête !

Signalons enfin la qualité du décor, soigné à l’extrême, grâce à la présence de plantes dont l’esthétique et la sophistication n’ont rien à envier à leurs équivalents du monde aérien.

Mais il est temps sans doute de « remonter à la surface » et de découvrir les autres surprises qui nous attendent dans l’espace réservé à ce deuxième monde bien moins silencieux qu’on pourrait le croire.

Si les océans nous ont montré leurs richesses, les terres qui la bordent et l’entourent ont aussi de quoi nous émerveiller. C’est à Algoa Bay, juste en face du château, que les manchots du Cap se livrent à leur passe-temps favori : marcher en se dandinant. Des mouvements répétitifs et saccadés qui semblent donner la mesure à la nage des otaries à fourrure, de véritables championnes du chrono, bien plus performantes que les phoques gris, qui semblent préférer l’option « sieste » ! Le visiteur en fera peut-être de même, ou du moins, il s’offrira une pause au Phare, pour le plaisir des yeux et plus, si affinités (on y sert une petite restauration aux couleurs de la mer), avant de repartir vers un nouveau Monde !